Texte Libre

Mysteries

Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /2009 23:20
US AND THEM






NOUS SOMMES UNE MEME FAMILLE








Parti tôt le matin dans un car, j'arrivais à la gare routière d'Estella. Après avoir pris un bon café bien chaud, je traînais dans les rues adjacentes à la recherche d'un hôtel.

Je rencontrai un homme que j'avais croisé sur le chemin. Je lui racontai mon histoire, mon problème avec les pieds. Il me dit qu'il avait déjà fait le chemin en 93 sans problème, mais que cette année il avait mal aussi aux pieds. Il va poursuivre un peu en bus, puis il reprendra el Camino quand il ira mieux.
 
Il m'indique un hôtel où il a vu des pèlerins. Nous nous serrons les mains avec un peu d'émotion. Nous savons que nous ne nous reverrons plus jamais, mais nous savons aussi que nous n'oublierons jamais ce moment d'échange et de soutien dans nos petits malheurs respectifs..
Je prends une chambre à la pension de San Andres, j'y laisse mon sac à dos dans une petite chambre miteuse, puis je sors.

Je m'installe dans un café de la grande place d'Estella pour noter les évènements de la veille sur mon cahier de voyage. Je commande aussi deux petits sandwiches.
[quote]J'appelle mon bureau à Paris pour annoncer à mes collègues qui m'avaient beaucoup soutenus pendant la préparation de mon aventure, la fin de ma randonnée. Christelle,  une secrétaire intérimaire décroche le téléphone. Je reconnaissais maintenant facilement sa voix car elle n'avait aucun accent. Je n'ai jamais compris comment elle faisait, mais tous mes collègues avaient leur propres intonations, des défauts de prononciations repérables... Elle par contre, elle  avait une voix lisse, exempte de toute accroche.

Plus tard, Christelle m'avouera, que c'est à ce moment là qu'elle s'est rendue compte qu'elle était entrain de tomber amoureuse de moi.  Chaque fois que le téléphone sonnait, elle se précipitait pour décrocher l'appareil en espérant tomber sur moi.
Moi aussi, j'étais content que ce soit elle. Christelle était très belle, mariée, et je ne pouvais  croire qu'un jour nous aurions une histoire ensemble.



Après cet appel, je vois une femme qui se dirige vers moi. Elle était assise avec son fils deux tables plus loin, mais je n'avais pas prêté trop d'attention. Elle me demande si je vais bien. Je ne la reconnais pas , et je suis un peu gêné.

Cela me vient d'un coup. Oui, c'est la femme de ménage du centre médical. Elle me demande ce que je vais faire, si je vais poursuivre le chemin. Je suis touché par cette attention de la part d'une inconnue. Je lui dis que j'attends l'appel d'un ami qui est dans la région avec son épouse et sa fille. Après quelques mots amicaux et après m'avoir souhaité un bon rétablissement, elle quitte le café.

C'est à ce moment que Claude téléphone, il est près d'arriver à Estella. On se donne rendez-vous sur la place.


Une heure plus tard nous sommes attablés devant un bon café. Il m'a présenté à nouveau sa femme et sa fille. Nous bavardons, nous rigolons, le contact est très agréable et se fait très facilement entre nous.

Ils me proposent de m'emmener en voiture à Compostelle avec eux, mais en deux ou trois jours car Claude veut faire visiter à sa famille les endroits qu'il a aimé en faisant le chemin.




Après quatre jours de marche, je me trouve à devoir poursuivre le chemin de Compostelle en voiture. Je suis étonné de voir tout ce qui a pu se passer en si peu de jours, et surpris aussi de  toutes ces preuves de sympathies, comme si nous étions de par le monde, une même famille.
Par gabriel - Publié dans : Mysteries
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Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /2009 23:11
I will see you in the next life









Le dortoir était encore vide à cette heure là, et je décidais de m'allonger sur le lit que j'avais choisi un peu à l'écart des autres. Je revois comme dans un film défiler ces quatre dernier jours. L'appel de la terre, Catherine, José, Claude...
Je décide de l'appeler.

Je lui dis que je dois interrompre le chemin. Mes projets? Je vais prendre un car vers la prochaine étape Estella, l'étoile, puis je prendrais peut-être un train pour Santiago.
Claude me propose que nous nous retrouvions demain à Estella, car il y passe avec son épouse et sa fille.

-Je pourrais te ramener de Santiago à Hendaye dans trois jours si l'on se retrouve là-bas, à Saint-Jacques!
-Oui, on verra bien. Nous convenons de nous appeler demain vers midi à leur arrivée.

C'est vrai que je ne savais plus du tout quoi faire. Si je n'avais pas fait la connaissance de Claude à Saint-Jean-Pied-de-Port, je crois que je serais retourné sur Hendaye ou Paris.

Plus tard, je retrouve José et le couple d'enseignants. Ils sont vraiment désolés. José est vraiment peiné. A Pampelune, il avait passé la nuit chez des membres de sa famille, et cela l'avait un peu déconnecté du chemin. Il s'interrogeait sur le sens de cette marche. Mon départ est un coup dur pour lui en terme de motivation.




Avant de dîner nous nous sommes retrouvés pour la messe de 19h. Je ne sais pas de qui venait l'idée, mais c'est la première fois que nous allions dans une église assister à une messe. Bon, nous sommes pèlerins après tout!

Ne comprenant pas très bien ce que le prêtre espagnol disait, mon esprit vagabondait allègrement, les yeux fixés dans les lambris dorés qui entouraient des représentations peintes sur bois de passages bibliques ou bien illustrant les actes de Saints catholiques.
Je pensais à Catherine que je ne verrai sans doute plus jamais. Dans ma somnolence, j'entendis comme une voix qui semblait être la mienne, et qui me conseillait de lui laisser un message dans le registre des signatures et des dédicaces qui se trouvent à l'accueil de chaque refuge. Elle le verrait surement en arrivant à Puente la Reina!

Après dîner, les salutations et la séparation sont vite interrompues par de gigantesques trombes d'eau. Nous nous séparons en courant nous mettre à l'abri dans nos différents dortoirs. José dort à l'hôtel car en ce mois de juillet les dortoirs sont pleins.



J'abandonne dans un coin la branche de noisetier qui m'avait accompagné en ces jours de marche. Cela m'attriste de me séparer de ce compagnon de route, mais je ne peux pas l'emmener dans le car. Je me couche.
Des enseignants espagnols plaisantent et se moquent gentiment de l'une des filles de leur groupe. C'est vrai que c'est la plus jolie du dortoir. Elle retire son pantalon, elle est vraiment ravissante. Sur cette douce image je ferme les yeux.
Par gabriel - Publié dans : Mysteries
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Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /2009 22:59
Qu'est-ce que ça peut faire





Très tôt le matin je quitte l’hôtel. Un dernier regard vers la chambre des filles qui dorment encore à cette heure là, et je descends l’escalier abrupt qui me conduit vers le hall d’accueil. Je franchis la porte massive de l’établissement, et je me trouve dans un autre monde, loin de mon cœur, dans le froid du matin.

Il me faut un café bien chaud. En traversant Pampelune je croise les lève-tôt de la ville qui se rendent à leurs occupations. Des échanges de regards, de sourires. C’est à la sortie de la ville que je trouve un café ouvert.

Le chemin est facile sur ce tronçon, la sierra Del Perdon à traverser. La route grimpe et traverse des villages garnis abondamment de fontaines où l’on s’abreuve bien volontiers ; la chaleur s’installant pour nous faire oublier nos rêves, nos espoirs d’un monde meilleur. La sierra du Pardon. Le pardon. Qu’est-ce que ça peut foutre, qu’est-ce que ça peut faire !




Sur le chemin je trouve une pierre noire avec l’emplacement pour mes doigts déjà creusés sur un côté. Je la serre très fort et je lui demande de me retirer cette tristesse. Je la garde un moment en main, puis en sortant de cette colline, je la redépose sur l’herbe.


Le refuge de Puente la Reina se trouve près d’une commanderie templière. Le crucifix de cette église est imposant, et sa forme rappelle la rune Eolh. Il semble y régner une énergie très dense vers le cœur de l’église.


En me déchaussant, je constate que mes petits orteils ont beaucoup soufferts au point où la peau gonflée recouvre l’ongle des deux orteils. Je m’informe pour une consultation médicale sur la ville.

Le dispensaire n’est pas très loin du refuge. Une femme de ménage s’interrompt dans sa tâche pour me dire de patienter, que l’infirmière ne devrait pas tarder, puis elle reprend sa serpillère.

Peu de temps après, un jeune médecin et une infirmière examinent mes pieds. Le médecin me dit qu’il n’a jamais vu de pieds dans un tel état. Il me demande avec tact mais avec une certaine fermeté d’arrêter de marcher. Je risque de perdre mes deux orteils si je poursuis. Je dois appliquer un désinfectant, une gaze et un sparadrap jusqu’à ce que ma peau dégonfle.


C’est un choc. Je suis désespéré, j’ai envie de pleurer.


Je me rends compte que ce chemin a créé en quatre jours une dépendance aussi importante qu’une drogue. Cette fraternité, ces mystères - l’on se sent si proche des pierres, de la nature, de la Mère Terre.

Fort à l’extérieur, tendre et humble au-dedans. La vraie humilité en harmonie avec ce monde.
Les contacts humains sont simples et chaleureux, sans parler de l’attention à l’autre. Avec certains, la conversation porte sur les pieds et la chaleur, avec d’autres il est plus question de spiritualité, de rires et d’amour.



En même temps je me dis que le chemin continue de façon différente. Toujours l’imprévu. Se laisser guider par le chemin, qui te donne ce qu’il te faut, ce dont tu as besoin… et non, ce que tu as prévu, ce que tu penses être bien pour toi.
C’est un moment important, quand nous ne maîtrisons plus rien et que nous sentons que l’on nous guide vers autre chose. L’inattendu.




Sur le chemin un homme corpulent, la trentaine, les cheveux longs, la barbe, s’adresse à moi. Il a l’air complètement saoul.

Il me serre la main et me dit « tu es quelqu’un de bien. Pourquoi tu fais cette tête ? Ne sois pas triste. Sois heureux ! »
Je scrute ses yeux en cherchant à savoir qui me parle à travers lui. Je le remercie, et je le serre dans mes bras. Après cette étreinte, il se dégage, me regarde un peu ahuri, répète "sea feliz" puis reprend son che
min en titubant.
Par gabriel - Publié dans : Mysteries
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Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /2009 22:50
Les mots bleus






Pampelune nous faisait la fête en ce jour du 25 juillet. C’était la fête de Santiago de Compostela et la fête nationale espagnole en même temps. La paroisse de San Saturnino nous invita dans un restaurant Gallego du quartier déguster des spécialités de la Galicie.

Nous étions fatigués après une marche de 15 km, et nous mangions le poulpe et les empanadas en silence. Nos hôtes tentèrent l'impossible pour y mettre de la joie, des cris et de la bonne humeur. Catherine ne voulait pas goûter le vin blanc galicien appelé Ribeiro. Avec José, nous finîmes les bouteilles en bon pèlerin reconnaissant de l’hospitalité offerte.
Dans ce vacarme de fête, j’étais loin de mon désir de me perdre dans la nature en quête de je ne sais quel phénomène mystique à la Paolo Coelho qui changerait définitivement le cours de ma vie.

Catherine me dit qu’elle avait pris une chambre d’hôtel avec Sarah et Jane, une anglaise toute rousse.  L’ami de Jane arrivait le surlendemain à Pampelune pour les accompagner jusqu’à Léon. Catherine et Sarah restaient avec elle pour faire du shopping et surtout ne pas la laisser seule. Je pris une chambre dans leur hôtel car le refuge ne m’inspirait pas.

Le soir, nous dinions avec d’autres étudiants espagnols rencontrés au restaurant. Je reprenais la route le lendemain, nous nous promîmes de nous écrire comme l'on promet toujours dans ces cas là. Je me rappelle du regard grave de Catherine au moment de rejoindre nos chambres. Un sourire, un regard, puis rien.







Le chemin me reprenait ce qu'il m'avait donné et me renvoyait à nouveau dans la tristesse de l'inconnu. Je partirai donc au matin vers une nouvelle étape de ma vie. Le coeur lourd, l'esprit désorienté, et la douleur aux pieds.




Par gabriel - Publié dans : Mysteries
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Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /2009 22:21
A Whiter shade of pale












A notre arrivée, les dortoirs étaient déjà complets.
José, un médecin de Reus, et un couple de professeurs français attendaient à l’ombre d’une véranda que l’on nous ouvre une chambre. José bien que catalan ressemblait étrangement à Tom Selleck avec ses lunettes de soleil.

Une dizaine de matelas était posés contre terre dans une petite chambre. Je pris le dernier matelas de libre, juste à côté de Catherine. Les deux couches étaient collés l’une à l’autre.
Douche, pantalon blanc et chemise rouge, je voulais plaire à Catherine qui se présenta en robe bleue pour le dîner. Ses cheveux étaient tirés et épinglés sur les côtés d’où remontaient deux nattes torsadées. Elle était si belle !

Nous nous assîmes à la même table. Elle était végétarienne et fréquentait une église évangélique très libérale. Elle vivait avec sa mère à Manhattan. Sa mère était très intéressé par la spiritualité des amérindiens et elle avait un jeu de tarot amérindien comme le mien.

Lors du repas, j’eus la surprise de revoir l’alchimiste que j’avais rencontré il y a deux jours, à mon départ. Il me présenta sa femme et sa fille qui l’avaient rejoint la veille à Saint Jean Pied de port. Ils poursuivraient le voyage en voiture afin de montrer à sa famille un peu du Chemin qu’il avait parcouru plusieurs fois en solitaire et à pied.
Il me dit de ne pas hésiter à l’appeler s’il m’arrivait quelque chose, et puis surtout de poursuivre le chemin jusqu'à la destination finale, quoiqu'il m'arrive.

Je retournai m’assoir et je continuais de traduire en français et en espagnol à la tablée qui essayait de discuter et de se comprendre malgré nos origines diverses.
J'étais un peu troublé par l'arrivée impromptue de Claude, l'alchimiste. Et encore plus troublé par la paleur et la grâce qui émanait de Catherine. Si jeune et si mûre.
Le vin et la fatigue aidant nous nous comprenions de mieux en mieux, surtout quand José en bon séducteur se mit à nous raconter quelques histoires drôles et d’amour bien choisies. La soirée se termina agréablement et nous partîmes nous coucher dans une ambiance bonne enfant.






Par gabriel - Publié dans : Mysteries
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Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /2009 22:04
Roads







Les chemins se croisent mais ne fusionnent pas comme l’on voudrait. Chacun de nos pas nous conduisent vers la beauté de la magie vivante.
Et dans l’agonie de ce monde qui n’en finit pas de mourir nous portons notre fardeau.

Au matin du deuxième jour sur les chemins de Navarre, je repensais à la magie de la Vierge au rocher. Un alchimiste rencontré avant mon départ m’avait dit que l’on peut demander au chemin tout ce dont nous avons besoin.

Je demandais au chemin un bon bâton pour m’aider à grimper les collines qui me séparaient de la prochaine halte et me protégerait des chiens bergers. J’avais demandé à mes cartes, le sens du phénomène ressenti la veille et la réponse fut la tortue. La Mère Terre m’adressait un appel.

C’est au détour d’un croisement que je trouvais sur le sol, en travers du sentier emprunté par tous les marcheurs en quête de sens, ce bâton en noisetier qui m’accompagnerait sur le chemin et m’enseignerait plus tard  la beauté du plan divin.

La fatigue et le mal aux genoux, ne me faisait pas oublier la soif. Je croisais  par moment deux jeunes femmes qui voyageaient ensembles. Elles cherchaient des yeux à entrer en relation avec moi depuis hier. Je les avais évités poliment. Elles me semblaient un peu snob, des anglaises ou des américaines.

Elles m’offrirent de l’eau en arrivant sur l’un des derniers cols. Reconnaissant, je m’assis un moment  près d’elles. Catherine avait 18 ans, elle venait de New-York, son père était français. Sarah, âgée de 17 ans, habitait une ville voisine du New-Jersey.

Le charme opéra. Aujourd’hui encore j’ai la nostalgie de Catherine.  Ses coiffures sophistiquées, son nez aquilin, son regard vif couleur noisette. Sa peau était très blanche. Elle hésitait dans la poursuite de ses études, et elle espérait que ce voyage l’aiderait à choisir entre la littérature ou la psychologie.



Par gabriel - Publié dans : Mysteries
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Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /2009 21:49
Mysteries







Je me souviens de ces matins où nous partions aux premières heures à la poursuite de ces mystères qui ne semblaient pas trop se dissimuler sur les chemins.

La première fois, je quittais tôt le refuge de cette ville médiévale des Pyrénées, pour me lancer sur la route de Napoléon. Quelques kilomètres plus loin, un troupeau de bouquetins, se posait en gardien des lieux au milieu du chemin.
 Pour un citadin perdu dans la montagne, seul, étranger aux animaux de fermes ou d’alpages, un frémissement familier me rappelait qu’il pouvait exister un danger à se faire courser par ces porteurs de cornes au regard vif. Heureusement, ils s’écartaient sur mon passage à mon grand soulagement. Nul besoin de combattre ce matin, ou de fuir.

Cette première épreuve franchie, la soif et la fatigue se faisait sentir en atteignant la zone la plus élevée de ses monts arides. Le soleil se manifestait, émergeant de l’horizon pentu d’où je m’étais élancé sur ce chemin de montagne, comme s’il essayait de me rattraper pour me ramener vers le doux âtre que je venais de quitter quelques heures plus tôt.
Et je me disais que j’étais un peu fou de partir ainsi, sac au dos, sans m’être entraîné à la marche, vulnérable comme ces marins d’antan qui s’éloignaient des côtes pour s’aventurer dans une mer inconnue -mes pieds souffrant dans des chaussures neuves et un peu trop serrées.
 
Après avoir longé une petite esplanade en terre battue qui servait de parking, je voyais un petit groupe de personnes s'esclaffant et admirant en contrebas  les vallées et les monts qui s’étendaient à leurs pieds. Ce mirador devait être bien connu des touristes pour la beauté de ses paysages.
Un peu déçu, devant ce groupe de touristes qui piétinaient allègrement mon rêve de solitude et d’aventure, je me dépêchais de m’en éloigner souhaitant me perdre davantage dans ces montagnes que j’espérais habitées uniquement d’elfes et de quelques farfadets aux oreilles pointues.


 

Un ensemble de rocher attirait mon attention sur le côté gauche de la route. C’était des blocs de pierres amoncelés à cet endroit par la main de l’homme. En m’approchant je distinguais certains blocs qui étaient un peu enterrés comme s’ils avaient toujours été là. Une vierge tenant l’enfant Jésus avait été placée sur l’un des rochers.
Je me dirigeais vers la statue de Marie pour la voir de plus près. Quelle idée d’avoir placé une statuette à cet endroit ! Elle ne faisait pas plus de trente centimètres de haut, tout au plus quarante.

C’est à ce moment que j’ai senti une force me déchirer, traverser mon corps, avec une puissance qui me semblait être de la brutalité. Je reculais d’un bond, abasourdi par ce que je venais de ressentir. Je regardais s’il n’y avait personne derrière moi, et je retentais de m’approcher.
La force me traversait à nouveau, et j’explosais en sanglot. Par deux fois j'essayais de m’en approcher lentement, espérant que personne n’observait ce petit manège. Ce feu transperçait tout mon être à chaque reprise. Perdu dans mes larmes, je distinguais comme dans un rêve la silhouette de randonneurs qui s’approchaient du lieu. Gêné d’être vu en pleur, je m’éloignais des rochers et je reprenais mon chemin. Mille questions dans ma tête, plongé dans les grands mystères, je ne pensais plus.

Par gabriel - Publié dans : Mysteries
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