Les morsures du temps

 

 

 

 

 

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Le soir au couchant
Au moment où les ombres se frayent chemin
Du silence, des bruits familiers

Du lendemain qui vient
S’élève le chant du néant
Peuplé de songes, de parfums de rien
Un souffle d’éternité sur les lèvres abandonnées


Éclot alors, en tristes litanies
Sombres et pourpres résidus
S’agitant telles des pensées
Brassées à peines perdues
De l’immensité du champ des étoiles
La vie passée, au chevet rendu
D’un instant de lucidité 


Ainsi, dans la chambre désertée
Imprégnée de vide
Paysage désolé
Amour emporté
De lassitude et de rides
Corps vieillissant, bouffi
Bientôt enseveli
Parti en confettis, sans heurt
Cherchant raison à sa vie
Se meurt



Légitime sentence
Condamné à mort
Sans repentance
Soumis à son sort
D’une vie à l’autre
Une fois encore
Souvenir d’Apôtre
Du destin de Juliette
D’Adèle, de la Place des Vosges
Mystère de la lumière noire
Qui l’emporte comme une feuille morte
Vengeance de l’ordre établi
Comme un voile d’oubli
Pour le ligoter
En d’autres vies


Lumière noire
Vieux chants égyptiens
Entonnés par les fils d’Hiram
Pour le perdre une fois encore
Le détacher de sa luminescence, Mer
De son esprit d’ici-bas, Ka
De son incarnation humaine, Ba
En d’autres temps de ces mythes célébrés
Qui les font trembler
Du talent d’Aurore
Aux Misérables
Double demeure, doubles dégâts
Âmes Sœurs d’une même mission
L’une conciliante
L’autre rebelle, sans concession
Isolé au large, à Jersey ou Guernesey
Encore aujourd’hui au Panthéon
Temple Maçon
Sans le repos du corps
En réclusion
Dans sa cellule, prisonnier
De la fraternité
Pour l’éternité

La vie, un combat
Celui du jour et de la nuit

 

 

 

Et le vent tourne
Et la nuit s’adoucit
Tender is the night

...

 
Je m'affranchis


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

9 janvier 2012  ©

 


 

 

 

 

 

 




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