Le vestibule
Tu sais que j’arpente sans cesse les rues de Paris
Chaque place, chaque rue, raconte une histoire.
Ce jour là, nous marchions main dans la main, amoureux.
Nous avons vu le monde des égyptiens, des phéniciens,
Des sumériens, puis nous montons l’escalier d’honneur,
Histoire de Napoléon III et d’Eugénie, salon rouge maudit.
Le pouvoir rouge et or, au Louvre, te rend malade.
Telle était Eugénie, reine de Malaga ou de Grenade,
Belle, perdue dans les maléfices de la magie noire.
Je me débats et je repousse ses tours, ses brimades,
Souvenir d’un temps passé, vision de ses yeux noirs.
George Sand, tu blêmis, quand tu pénètres dans ce temps
Annonce de ton nom, Napoléon III debout tel un serpent
Derrière lui les tentures rouges et ocre, prêt à se rassasier
Du sang des victimes de l’ignoble vertu des pactes passés.
Tu plaides ma cause encore, me sauver de l’exil qui m’attend
Tes yeux l’impressionnent, mais l’enjeu est lourd de sens
Il en va d’accords sombres, défaire la justice pour longtemps.
Son pouvoir pour quelques alliances sans conséquences…
Pense-t-il
Dans l’inspiration du moment, tu dessines avec tes doigts
Des symboles de protection, dans la cage du seigneur serpent.
Rien dans tes gestes ne te désigne, mon alliée de tous les temps,
C’est dans ton cœur que tes prières sont formulées pour moi.
Souvenir d’un long combat qui perdure encore aujourd’hui
Revenus une fois de plus pour nous affranchir de ce qui nous poursuit.
Je rêve de toutes ces histoires qui se croisent
Dans ton regard,
Ta silhouette,
Tes seins.
Un cri, un sanglot dans la nuit, blessures dans le corps.
Napoléon III et Eugénie