Marilyn Monroe

 

 

 

 

 

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Marilyn

Étoile effrayante

Égarée

 

 

Surgie dans la nuit noire de notre firmament

Un soir de juin

 

 

Dans le sillage d'une mère à l'esprit vacillant

D'un père inconnu

De grands-parents égarés, déments

 

 

Corpuscules malheureux

Assemblage hétéroclites d'astres calcinés

Naufragés d'un passé ténébreux

 

 

Âmes maudites

Nées pour souffrir

Payer je ne sais quelles fautes

Dans ce monde véreux


 

 

 

 

Ô Marilyn

Je reconnais ta beauté

Ta silhouette attendrissante

Un peu gauche

Un peu Bouffie parfois

Visage d'Ange perdu

Corps de Déesse d'extrême tentation

Merveille des lignes qui se suivent

Qui se croisent en courbes mélodieuses

Blancheur d'albâtre

Yeux ingénus d'un bleu qui me trouble

 

 

 

 

Je pleure de tendresse, de douleur

De compassion

Pétri

De cet univers qui t'accueille

Te nourrit et te prépare

Au grand sacrifice des dieux vengeurs

Qu'ils ont créés

De leurs coeurs libidineux

Féroces esprits pervers

Lavant ainsi leurs péchés

 

Marilyn...

Victime expiatoire de leurs monstruosités

 

 

 

 

Pauvre fille, pauvre âme en quête de reconnaissance

Prête à tout pour attirer l'attention des hommes

User de leur concupiscence pour parvenir à briller

Devenir la première dame

Se renier soi et son corps

En toutes sortes de drames

Corps frigide

Enveloppe vide

Inexistante, sans identité

Possédée par les autres

Tant son âme est également possédée

Miroir d'anciennes blessures

Qui la laisse tel un pantin

Sous médicaments

Conduite par les ombres

 

Mais...

Comment trouve-t-on son chemin dans le noir ?

 

 

 

 

 

 

 

   

Silhouette profilée

D'un éclat émouvant

Pense-ton la posséder

Devenir l'amant

Son dépositaire

Ruisselant et sursitaire

  

Quittant la raison

Remontant le temps

Nous étions enfants

En quête de guérison

De souvenirs

 

 

Oh, redevenons enfants

Pour de faux, pour rire

  

 

 

 

 

 

 

Sans faire de bruit, elle entre dans la pièce

Maigrichonne, quelconque, grande pour son âge

Marilyn, une dizaine d'années

Sans maintien, fragile

Pas un sourire, les yeux au loin

Le corps fagot dans une robe insipide

 

On présente la nouvelle élève

Une esquisse de salut, rapide

Ephémère comme un rêve

Evanescente enfant, assise

Son écritoire près du mien

La règle, le silence de mise

En propre, comme si nous n'étions rien

 

Je sens sa présence, la chaleur de son corps

Le professeur en bruit de fond

Sans souci de leçon

Ma pensée s'éloignant de milles lieux

Quelque part en bouillon

Evaporé, distrait

Je me tourne vèrs elle

Son visage, ses yeux bleus

 

- Je suis Norma Jeane, dit-elle à voix basse

   Tu es Gab. Je sais qui tu es

 

 

 

De surprises en surprises

Les images me submergent

Cette fille, à la senteur de cerise

M'impregne comme un cierge

Parfums et douce lueur

Dans la langueur d'un après-midi

Soupir endormi, tristesse et regard évocateur

M'entrainant sur son terrain de jeu favori

Séduction du corps et des sens

Abandon de soi, obsolescence

Je me souviens d'elle

Créature intemporelle

 

J'ai besoin de m'échapper

Ne plus la retrouver

 

 

Le professeur réagit, désolant allié

L'oeil invectif, de triste nature

Imposant le silence

Lui reprochant de distraire l'assemblée

De bavardages immatures

Dans sa classe

 

 

Marilyn rougit, s'étouffe de sa voix hésitante

Elle bégaie des mots incompréhensibles

Le regard des enfants, en pleine tourmente

Tente de se dissimuler d'un geste sensible

Se cache le visage, se décompose

Elle revoit Monsieur Kinnel, deux ans plus tôt

Son haleine, ses doigts intrusifs sous ses vêtements

Les yeux de Marilyn s'embrument, retour du mélo

Son esprit s'enfuit, son corps vide, absent

 

Perdant les rênes de sa vie, la laissant en d'autres mains

Moins amènes, tout en répulsion, sueur, désir de mourir

Disparaître d'un trait, se sentant dessaisie de sa personne, de son intégrité

 

 

 

Le décor change, la sonnerie nous a libérés

Et nous sommes maintenant dans la cour de récré

 

 

 

Marilyn sautille jouant à la marelle

Riant chaque case franchie, de grâce et de confusion

De la terre au ciel, sa jupe toute autour d'elle

Intemporelle Marilyn, de joie et de séduction

Ses jambes aux quatre vents

Son sourire, sa bénédiction

 

Elle me semble plus jeune

Pas plus de six ans, peut-être cinq ans

Ma main s'allonge, je crois que je tiens un bâton

Je dessine au sol sur le sable Monsieur Kinnel

Elle me rejoint, ajustant son jupon

Ses yeux d'un bleu gris, défient l'odieux criminel

Elle me bouscule, nous avons le même âge

Je glisse au sol, je pleure, elle s'affole

Vilain, crie-t-elle, désignant le personnage

 

Marilyn pleure, son corps diminue encore de taille

L'âge de trois ans tout au plus, elle s'étrangle, suffoque

Je la maintiens, la redresse, sa grand-mère la serre 

D'un oreiller l'étouffe, de ce geste loufoque

L'initie au mal de ce monde, la mêle aux enfers

La marque ainsi du diable Vauvert

Qui en fera sa reine, son ambassadrice

  

D'abord fille maltraitée, puis fille abusée

Fille déracinée, deviendrait-elle prédatrice ?

Triste orgueil des victimes possédées

 


 

 

 

  

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

(à suivre)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je ne savais pas trop comment aborder ce poème sur Marilyn. Dans une librairie de Saint-Germain des prés j'ai trouvé deux livres, l'un d'Anne Plantagenet et l'autre de Francois  Forestier.

Deux ouvrages extraordinaires.

Les mots, les phrases sont venues une nuit alors que je tentais vainement de trouver le sommeil. Je me suis levé et j'ai commencé à noter ce qui me venait à l'esprit. Vers 7 heures du matin j'ai fini par m'endormir.

Vèrs 10 heures, je me suis réveillé. J'ai préparé du café, des tartines, et j'ai commencé à zapper sur les chaînes espagnoles, en attendant que la maison se réveille.

L'une de ces chaînes diffusait ce film. The Misfits, les désaxés, le dernier film de Marilyn.


Je n'avais pas vu de film de Marilyn depuis une dizaine d'années. Troublant...

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 


 

 

 

 

 


 

 

 

Clark Gable est décédé 12 jours après la fin de ce tournage. Marilyn est décédée 9 mois après. La mère de Marilyn avait disposé sur une commode de sa chambre une photo d'un homme qui ressemblait à l'acteur, et elle lui laissait sous-entendre que cet homme avait peut-être été son père. Marilyn aimait penser que son père devait ressembler à Clark, et peut-être même qu'il l'était un peu...

 

 

 

 

"A l'aide A l'aide                                          
A l'aide je sens la vie
S'approcher
Quand moi je ne veux que mourir"



 

"Ne pleure pas ma poupée
Non ne pleure pas
Je te tiens et te berce pour t'endormir
Chut chut maintenant je fais comme si
Je n'étais pas ta mère morte...."

 

 

 

"En bas du chemin
Clic clac clic clac
Comme ma poupée dans sa poussette
Passait par là les craquelures
Nous partirons très loin"

 

 

 

"Je suis une des dernières étoiles liées à la terre.

Et tout ce que nous voulions était notre droit à scintiller".

 

 


Poèmes de Marilyn


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15 Août 2011

 


 

 

 

 

 


 

 

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