Gab
Myriam
Myriam est Vénitienne. Elle est blonde, les yeux bleus, un corps très fin. Un visage, à la fois d’Ange et d’effrontée Florentine. Elle aime écrire et parcourir la Terre de ses innombrables voyages. Elle est très drôle, un peu moqueuse. C’est une Âme Sœur. Une Muse.
« La Poésie d’Orphée avait pouvoir sur les êtres et les choses, elle n’était pas un simple divertissement ou un quelconque jeu esthétique. Elle se voulait sans doute enchanteresse mais aussi gnomique et initiatrice, relatant l’origine des dieux et de l’homme et le sens – comme le but – de la condition humaine.» Jacques Lacarrière.
C’est ainsi que j’entends mon univers poétique. Enchanter l'univers. Toute connaissance, toute grâce, réside déjà en nous. De tout temps. C’est à nous d’en prendre conscience et de les laisser simplement transparaître, croître, et se déployer hors de nous.
La première fois que je l’ai vu, c’était en salle de cours en début d’année, janvier je crois. J’étais en retard et j’entrais dans la salle me dépêchant de trouver une place de libre. Dans la précipitation, je ne remarquais qu’une chaise vide à côté d’une jeune femme blonde. C’était elle. Un chemisier blanc, des cheveux dorés, un maintien de bon élève, silencieuse, appliquée, ce que je n’avais jamais réussi à être.
Les cours étant très espacés, je n’avais pas trop l’occasion de la voir. Elle était un peu mystérieuse, très secrète. C’était la plus jolie fille du groupe, mais aucun des hommes n’osaient trop l’approcher. J’appris qu’elle était vénitienne, qu’elle voyageait beaucoup et qu’elle se rendait régulièrement à Londres les week-ends. C’est vrai qu’elle avait une façon d’être et de s’habiller très britannique. Elle se montrait très caustique aussi, très drôle.
L’été approchant, nous commencions à échanger quelques mails, et je lui proposais de lui écrire un poème. Elle refusa bien sûr, me priant de ne rien faire, mais je lui écrivis ce petit texte qu’elle adora.
Myriam
Fragile, si fine, sa silhouette me retiens.
Son visage comme un masque mystérieux
Reflet d’une lune dans un canal vénitien
Me surprend à chaque fois et me rend heureux
Combien j’évite de croiser son regard
Nous nous pressons, nous nous séparons
Si seulement nous commencions les révisions.
Ses chemisiers blancs, ses cheveux dorés
Lui donnent ce maintien de bonne élève.
Un silence mystérieux semble l’entourer
Comme si elle s’était échappée d’un rêve
Son cœur est pudeur et hardiesse
Ses gestes sont mesurés et rassurants
La folie et la grâce d’une princesse
Dans un corps presque d’enfant
Des mois s’écoulèrent encore. Je rencontrais une autre femme et je vécus un amour intense. Un soir en rentrant des cours, je me trouvais avec Myriam dans le métro. Nous étions face à face, yeux dans les yeux. Je lui dis que j’avais une relation avec une autre femme. Elle me dit qu’elle aussi, avec un autre homme. Ses voyages à Londres, c’était pour le retrouver. Il venait de s’installer sur Paris, se serait plus simple pour eux.
Nous communions fortement parlant de nos vies, de nos histoires, et lorsque nous nous sommes séparés à Châtelet, nous nous sommes embrassés avec beaucoup de tendresse d’un baiser sur la joue. Je crois que c’était le premier.
Noël passa, puis le printemps. Je me séparai de mon amie, et je rencontrai une autre femme, Conception. Elle était très jolie, les cheveux teints en blond, ses yeux d’un bleu presque métallique, et des lèvres très pulpeuses.
Je me souviens d’un après-midi avec Conception dans une terrasse de café, ne sachant trop que faire, désorienté, me demandant si je devais lui faire la cour ou si nous resterions amis. Conception venait de divorcer, elle venait de s’installer dans son nouvel appartement avec sa fille. J’étais trop attaché à mon ancienne amie pour me précipiter dans les bras d’une autre femme aussi rapidement. En rentrant le soir, j’écrivais ce poème et je l’envoyais curieusement à Myriam, qui venait encore de déménager.
L’instant Myriam
Chaque année entre Mai et Juin, c’est la saison
Myriam rassemble ses affaires et change de maison.
Hier j’étais dans un bar avec Conception
Qui vient de changer aussi de maison.
Je suis content d’en avoir fini avec les révisions
Conception est contente d’en avoir fini avec les cartons.
Elle passe sa langue sur ses lèvres plantureuses
Celles de Myriam sont plus fines
Je pense qu’elle est amoureuse
J’avale d’un trait ce thé de chine
Je ne sais plus avec qui je suis en cet instant
Je pense à cette histoire Vita Nova
Que j’écris mélangeant poésie et roman
Je ne sais plus où mon esprit va
Mélanges subtils d’arômes différents
Qui m’emportent de Venise d’un vent
Vers les plaines du Tage, prisonnier de l’écriture.
C’était un poème qui se voulait rigolo, sans ambition, juste quelques mots pour marquer la saison, saisir les émotions.
C’est vers cette époque que je me rendis un jour à la Chapelle de la rue du Bac à Paris. Marie, la Vierge Marie est apparue dans cette église à Catherine Labouré, jeune sœur. Cela s’est passé vers 1830. Marie lui a laissé plusieurs messages. L’un d’eux est inscrit en grand sur une partie du mur qui surplombe l’autel. « Venez au pied de cet autel. Là les grâces seront répandues sur tous ».
Je dois vous avouer que depuis quelques années des évènements se sont produits dans ma vie qui me laissent percevoir notre univers sous un angle quelque peu différent de celui auquel nous sommes habitués à le considérer. C’est comme si un rideau s’était ouvert dans mon esprit me permettant d’appréhender certains aspects de la vie dans leurs dimensions les plus magiques, les plus extraordinaires. Regard, s’approchant de la vision du monde orphique.
Orphée, Poète et grand enchanteur, capable de communiquer aves les mondes de l’au-delà, avec le monde animal et de s’ouvrir à toute la poésie et la magie de l’univers.
Combien il est difficile d’évoquer un particularisme aussi singulier, aussi phénoménal que ce qui m’a été accordé tout au long de ces dernières années.
Tout a commencé alors que je marchais sur le chemin de Compostelle dans les Pyrénées, au détour d’un chemin, je me trouvais face à un terre-plein de terre battue dans laquelle les hommes avaient regroupés des blocs de rochers par dizaines, y posant sur l’un d’eux une statue de Marie. M’approchant du rocher je ressentis une lame de fond qui me traversait le corps en tout sens. J’explosais en larme. A chaque fois que je m’éloignais cette sensation disparaissait, puis revenait lorsque je m’approchais. A chaque fois ce déchirement, ces sanglots.
Depuis ce jour, je commençais à ressentir les énergies des lieux sacrés et celles des corps, y décelant tout autour des personnes qui se prêtaient à mes explorations, des points de chaleur, des points froids, des ondulations et toute une géographie de sensations étranges qui entouraient leurs corps.
En revenant à Paris, je me rendais rue du Bac avec l’idée de tester la véracité de l’apparition ou l’authenticité de ce lieu qui se voulait sacré. Devant la statue de Marie, je fermais les yeux. Peu à peu je me surpris de voir un rayon multicolore descendant de la statue, et qui plongeait dans mon cœur. Je ressentis une très grande amplitude de lumière et de bien être, interrompu par une sœur qui me demandait de quitter le lieu car ils fermaient pour la coupure de midi.
Peu à peu, au fil des mois et des années, je commençais à recevoir des indications, des initiations et des visions mystiques. Un jour j’étais triste. J’étais assis dans cette église où je devais rabâcher mes désillusions. Peu à peu, une voix se glissait et s’imposait dans mon esprit me disant que tout irait beaucoup mieux dans ma vie, que je ne devais pas m’en faire. Au bout d’un moment, c’est avec stupeur que je comprenais que cette voix ne faisait pas partie de mes pensées, mais était bien étrangère à mon esprit, ou à mon mental. Je me demandais sans trop oser le croire, si se n’était pas Marie qui s’adressait à moi, lorsque j’entendis clairement et avec toute la puissance qui lui sied, cette invitation « Viens. Approche-toi ».
Je n’osais bouger, j’avais l’impression que tout le monde avait entendu la voix, et que si je me levais, tout le monde saurait que c’est à moi que l’on s’était adressé. C’est incroyable comment nous pouvons être niais dès qu’un phénomène inhabituel se produit. Je me levais, maladroitement, titubant presque, et je m’avançais vers l’autel.
Je restais droit, les yeux fermés, attendant je ne sais quoi, un peu comme lorsque le professeur demande à un enfant de venir au tableau. C’est alors que la voix reprit « Reçois tout l’amour du Ciel et de la Terre » une vague de lumière m’envahit. Je restais dans une sorte de bonheur parfait quand une sœur m’interrompit comme la dernière fois. Une messe devait commencer.
Tout cela pour dire que cet endroit était pour moi un lieu important, et qu’à la suite de ma rupture avec ma compagne, et mes échanges avec Conception et Myriam, j’avais besoin de venir me reccueillir et faire le point.
Je m’y rendais à plusieurs reprises. Il ne se passait rien d’exceptionnel, mais cela me faisait du bien de revenir dans cet endroit. Un jour pourtant, me trouvant devant la statue de la Vierge, je me senti d’un coup grandir de taille. C’était comme si un corps nébuleux m’entourait entièrement, corps représentant la stature imposante d’un homme vêtu d’une grande robe claire serrée à la taille. Cette silhouette grandissait et je m’élevais avec elle. J’étais immense, je commençais à comprendre que je me trouvais à l’époque christique. Je voyais différents personnages communicants entre eux, les apôtres, Marie. Je prenais conscience que l’être dans lequel je me trouvais était l’apôtre Thomas.
J’avais déjà vécu une expérience de vie antérieure qui s’était confirmée par la suite. Je me souviens d’avoir vécu le même phénomène de corps nébuleux qui m’entourait. C’était le corps de la personne que j’avais été.
Cette fois-ci c’était troublant… Un apôtre ! Je leur demandais si j’étais dans la mémoire de Thomas ou si j’avais été Thomas. Ils souriaient.
Je revenais à moi, à ma dimension habituelle, sortant de cette expérience étrange. Je décidais de sortir prendre l’air. Je marchais sans m’arrêter, pensif, me posant toutes les questions que l’on peut se poser après ce genre d’aventure.
Je me souviens d’avoir longé les quais de la Seine, en prenant les notes des mots qui me venaient à ce moment-là. Arrivé chez moi, je reprenais mes notes et j'écrivais ce poème.
L'incrédule
Je suis Thomas l’incrédule
Mes doutes et mon esprit hardi
Sont mes trésors en ces temps de confusion.
Si loin du lac Galilée
Et de la Terre promise
En promenade au bord de l’eau
Songeant devant un Autel resplendissant
Je me reconnais
Je suis un être apocryphe.
Aujourd’hui je retrouve ces mémoires
Ces souvenirs furtifs et flous
D’un passé lointain qui nous honore
Du temps où nous fûmes hommes pêcheurs
Et bon samaritain.
Du temps où la lumière se joignait à la chair
Resplendissant en nos cœurs
D’un élan consommé.
Je suis Gab, homme pêcheur
Et bon samaritain.
J’en parlais à Lucie, une amie guérisseuse, médium, et je ne sais quoi d’autre encore. C’est difficile de délimiter une personne qui s’est ouverte à son véritable être. Elle m’avait beaucoup aidé à retrouver des mémoires, les guérir et stabiliser mes capacités à voir. Nous étions devenus amis, et nous faisions des échanges, nous aidant mutuellement à guérir de notre passé.
Lucie avait été l'un des apôtres, dans une vie antérieure. Elle en était presque sûre mais il faut toujours se montrer très prudent quand nous accédons à ces mémoires. Cet apôtre avait une certaine particularité qui m'avait conduit à me demander si cela n’avait pas créé chez elle, un énorme sentiment de culpabilité, ce qui lui aurait valu quelques siècles plus tard une réincarnation très douloureuse dans le corps d’un saint homme qui avait été misérablement traité, martyrisé, dépecé, même après sa mort. Elle en ressentait encore le besoin de se cacher, craignant de s’exposer encore à la vindicte des ces ordres noirs qui possèdent encore ce monde.
Elle venait de se faire construire une maison par des compagnons du devoir ou du tour de France. La maison était de bonne qualité, rien à dire du talent de ces compagnons, par contre, elle ne s’y sentait pas à l’aise, Lucie me demandait de nous relier ensemble pour essayer de comprendre ce qui provoquait ce malaise.
Nous commencions à voir les énergies qui entouraient la maison et qui s’intégraient dans des réseaux extérieurs plus grands, reliés les uns aux autres, formant des maillages tout autour de la Terre. Nous avons vu comment des grilles avaient été apposées aux grilles existantes pour induire des distorsions, et générer un mal-être pour certaines personnes.
Nous nous voyions également participer à des initiations lointaines parmi les bâtisseurs de temples Sumériens, égyptiens, perses. Les bâtisseurs du Temple de Jérusalem, des Cathédrales également. Il existait une filiation entre les premiers bâtisseurs sumériens et les compagnons et francs-maçons qui construisirent les cathédrales. Ils le reconnaissent d’ailleurs. Je me souviens du symbole solaire sur la main, signe des constructeurs sumériens qu’ils recevaient à la suite de leurs initiations.
Nous assistions également aux détournements de ce pouvoir, de ces connaissances qui avaient eu lieu dès les débuts, à l’époque sumérienne. Certains pactes ont été passés avec des entités néfastes, et ces pactes sont véhiculés encore aujourd’hui à chaque initiation des bâtisseurs actuels. Ainsi, une maison, ou un bâtiment est activé après la construction pour que l’énergie y circule. Lorsque l’activation est inversée, la bâtisse sera un lieu qui ressource les personnes inversées, et un environnement néfaste pour une personne qui fonctionne sur une énergie plus positive.
Nous avons commencé à nettoyer les grilles jusqu’à Sainte Baume, lieu attaché à la mémoire de Marie Madeleine, femme réputée pour son travail sur les grilles telluriques. Ce lieu a été capté également par les compagnons bâtisseurs qui y viennent y faire des célébrations au moment de leurs initiations. Nous avons vu comme ce lieu a été détourné de sa raison d’être, du moins de celle que Marie Madeleine l’en avait empreint.
A côté de ce travail passionnant, j’avais commencé à m’informer sur l’œuvre de Thomas. Je reconnais qu’il m’avait toujours laissé indifférent. J’étais même agacé par l’image qui était attaché à l’évangile de Saint Thomas.
J’apprenais que pour certains, il était né à Antioche, pour d’autres il était frère de Jésus. Il était l’apôtre le plus investi de connaissances ésotériques, et on le disait architecte. D’autres le disait pêcheur. Il serait parti en Inde et au Tibet. Il serait mort assassiné en Inde, près de Madras, après avoir créé plusieurs églises.
S’il avait été architecte, il avait été initié à la géométrie sacrée, aux grilles telluriques, et cela rejoignait mes visions. A travers lui, et avec l’aide de Lucie, nous réparions ce qui avait été défait, détourné. Un couple d’êtres qui s’intéressaient à la spiritualité et y participaient avaient proposé vers la fin du mois un rassemblement à Sainte Baume pour y faire un nettoyage, je crois à la demande de Marie Madeleine. Apparemment, nous devions être plusieurs groupes autour du monde à travailler à la guérison de la Terre.
Me rendant à ce moment-là dans la Chapelle de la rue du Bac, je ressentis l’envie d’écrire, après m’être recueilli un instant. Je pris mon carnet, mon stylo, et j’écris une bonne partie de ce texte comme s’il m’était vivement inspiré.
Tel le cantique débute ainsi
Père de nos pères, constructeurs de tout édifice
Du nombre d’or nous en faisons nos proportions car nous avons la connaissance de la géométrie sacrée
D’Hiram nous nous fîmes les descendants, mais nos pères ont connu Sumer et Babylone
C’est ainsi que Babel se trouve sur nos sceaux, et Caïn.
Il se poursuit ainsi
A l’aube des temps, la corporation des bâtisseurs était de ces écoles initiatiques qui enseignaient la Connaissance, les Nombres sacrés et la Géométrie céleste.
Nous construisîmes nos ziggurats, pyramides, temples et cathédrales
C’est ainsi que le cadre, l’enveloppe, le contenant devint, pris forme.
Nous activons ces temples, lieux où le Pouvoir spirituel peut s’exercer.
Le chœur
Pouvoir consacré, Mission profane souillée depuis Sumer
Dans l’innocence de notre symbolique, de nos rites et de nos initiations, nous perdurons le pacte initial, scellé ainsi entre nous et la bête.
Premiers bâtisseurs ayant pactisés avec cette forme repoussante, chaque initiation de compagnons, de francs-maçons véhicule ce fleuve noir pestilentiel de générations en générations, de rites en
rituels
Nous avons poursuivi encore un peu ce travail sur la Terre qui prit une forme étonnante. Des lieux sacrés comme Sainte Baume ou Stonehenge étaient reliés par des lignes majeures. En suivant ces lignes nous sommes arrivés à Jérusalem.
Nous nous sommes retrouvés projeté astralement, formant un cercle à l’emplacement du Saint des Saints, lieu sacré du Temple de Jérusalem, aujourd’hui Dôme du Rocher. La scène se déroulait il y a presque 2000 ans. Les apôtres formaient un cercle lumineux, concentrant leurs lumières vers le centre où se tenait Jésus-Christ.
Ce lieu était un puits d’énergie, portail principal me semble t-il qui génère ou reçoit les codes d’informations, maintenant notre Monde dans sa dimension présente. Le Christ canalisait une lumière incroyablement puissante, pure et lumineuse, transcendant l’espace-temps, élevant la Terre et l’humanité à un niveau de conscience plus élevé.
Nous recevions également l’information que bientôt la Terre allait connaître semblable évènement, probablement vers la fin de l’année 2012. Je voyais à la place des douze apôtres, douze crânes de cristal, focalisés sur un treizième qui se trouvait au centre du cercle, à la place qu’avait occupé Jésus dans la vision antérieure. C’est ainsi que nous allons assister bientôt à une nouvelle évolution de notre conscience nous permettant probablement d’accéder à une dimension plus élevée.
Je me souvenais d'une expérience vécue il y a quelques années. Au cours d’une vision de type chamanique, je me suis retrouvé dans un site Maya, recevant une très belle énergie dans chacun de mes sept principaux chakras, et symbolisé à chaque fois par un son qui ressemblait à un mantra chanté, une série de glyphes mayas et une couleur bien particulière. A la fin de cette initiation l’on m’offrit un crâne de cristal qui s’intégra dans ma propre boite crânienne.
Je ne sais pas si nous avons rêvé, mais deux mois plus tard dans un de ses textes parus en septembre, Celia Fenn apportait son témoignage, expliquant qu’elle s’était rendue à Jérusalem en avril 2010 dans le cadre de ses conférences. Sur place il lui aurait été demandé d’activer un cristal géant gardien de la Terre qui se trouvait sous la ville afin d’activer certaines grilles en profondeur qui nourissaient tout un réseau de lignes. Lucie et moi, nous avions fait ce travail entre mai et Juin.
Que Mille feux nous éclairent
Que résonnent tambours et trompettes
Car ce qui est annoncé n’a rien d’éphémère
Tous les chemins conduisent à la Jérusalem céleste
Centre religieux, spirituels
De lumière
Unité névralgique de la Terre
Espace plein et vide
Clair, obscur
De triste et belle mémoire
En lui, se construit notre univers
C’était au mois d’Août, à mon retour de vacances, je trainais dans Paris désert, Paris lumière, me dirigeant vers un lieu qui m’inspire beaucoup. Dans cet espace enchanté, frontière de différents mondes où se côtoient du meilleur au pire, êtres lumineux et sombres, êtres partis et vivants, cadre prodigieux de mon éternel retour, je me reliais à l’un de mes guides.
Je me sentis transporté, me sentant flotter, relié à la Terre et au ciel. Dans cet état de transe, je commençais à recevoir des images dans mon espace intérieur. Encore la Palestine, peut-être la Galilée. Un groupe de femmes à l’époque christique. Marie, et celles qui l’accompagnaient, l’entouraient, les Marie, les Marthe, de toutes grâces, d’une simplicité enivrante.
Une de ces femmes aux longs cheveux bruns se détachait du groupe et s’approchait de mon cœur, miracle d’amour et de lumière, elle avait toutes les grâces du ciel. Je ressentais un grand bonheur à la revoir, mon cœur s’émerveillait, nous nous tenions les mains en nous souriant, les yeux plongés dans nos yeux, reliés à nos âmes d’enfants. C’était Myriam. Je voyais le visage de Myriam en surimpression, légèrement éthéré, qui s’ajoutait à la scène et lui donnait toute son intensité, tout son sens.
Quelques mois plus tard, vers avril, nous devions nous retrouver à l’occasion du succès à un concours de Nora, l’une de nos amies. Myriam nous avait proposé de nous retrouver devant la gare Saint Lazare.
J’étais arrivé un peu en avance et j’en profitais pour faire un tour dans le quartier. En marchant je pensais à Myriam. Nous nous étions revus fin septembre avec Karine dans un bar de l’Opéra, puis nous nous étions tenus au fait de nos états d’âmes en échangeant quelques mails. Elle m’avait parlé de la date de son anniversaire en décembre qui était la même que celle de Florence pour qui j’avais écrit des poèmes et des bouts d’histoires nous mettant en scène pour la première fois, il y a plus de dix-huit ans.
Florence avait été ma Muse dans une vie antérieure, et une initiatrice dans cette vie présente au niveau de l’écriture. Depuis un peu plus de deux ans je n’écrivais que pour ma compagne Zelda, même après la fin de nos relations. En fait j’avais l’impression d’avoir écrit pour Zelda depuis bien plus longtemps, même avant de la connaitre tellement notre relation semblait en tout domaine hors du commun. Je n’avais fait exception que pour Myriam.
J’aurai aimé lui dire à quel point elle pouvait m’inspirer, lui parler de ma vision, mais pas facile d’aborder ce genre de chose avec une personne qui n’était pas au courant de mes capacités de voir ou de ressentir certains éléments ou faits magiques de la vie. En plaisantant je lui avais dit qu’elle était l’une de mes Muses.
Tout en remontant la rue vers la gare, je sentais sur ma droite la présence d’une femme qui marchait à mes côté, dans la même direction, au même pas. Sa silhouette attirait mon attention, et m’arrachait à mes pensées. Je sursautais presque en découvrant son visage, c’était Myriam.
Je la regardais, puis je détournais mon regard, continuant de marcher. J’hésitais à l’aborder tellement ce moment semblait empreint d’étrangeté. Au bout d’un moment, sentant mon regard, elle m’a vu, ses yeux grands ouverts, surpris. Nous avons ri, elle, me demandant si cela faisait longtemps que nous cheminions côte à côte, moi exprimant le doute, visage impassible et souriant.
Arrivés sur le lieu du rendez-vous, nous avons attendu un bon moment avant que nos amies arrivent, ce qui nous a permis de faire un peu le point des derniers évènements. Je me souviens que nous avons fini la conversation en parlant de poésie, des dieux et déesses grecques auxquels je m’intéressais en ce moment. Myriam ne s’était jamais trop intéressée à la mythologie grecque.
Nos amies arrivées, nous sommes partis vers un restaurant indien que Myriam connaissait. En traversant la place de l’Opéra, je lui montrais le panneau en façade qui indiquait « Poésie Lyrique », je le lui montrai car il me semblait que cela illustrait parfaitement la discussion que nous avions eu tout à l'heure au sujet de la poésie. Elle me répondit qu’elle avait visité l’Opéra, elle avait adoré, le décor enchanteur, les sous-sols mystérieux, les anecdotes, vraiment elle me recommandait vivement d’y emmener ma fille un week-end.
Le restaurant était agréable et nous avons passé une très belle soirée tout au plaisir de nous retrouver une fois de plus. Vers la fin du repas, je leur promis de leur révéler mon secret, faire mon coming-out et leur dire quelle était mon activité mystérieuse du soir que je n’osais bien entendu leur révéler. Une collègue avait fait son coming-out la semaine précédente nous disant qu’elle écrivait depuis un ou deux ans dans un blog connu, sous un pseudo.
Je me disais qu’en leur parlant de mes activités, il serait plus facile de parler à Myriam de mes visions de nos vies passées. J’en étais là, dans le désir de lui parler vraiment de ce qui me tenait à coeur quand elle se tourna vers moi pour me confier, à ma grande surprise, que pour son prochain voyage elle aimerait se rendre en Israël.
Je faillis glisser de ma chaise. Une fois de plus, elle me surprenait. Je me disais que son âme me donnait désormais le feu vert pour en parler, donc qu’il convenait vraiment de le lui dire la prochaine fois. Nous avons parlé d’Israël, de la Galilée. Je lui dis qu’elle y retrouverait ses racines. Elle me répondit que cela était certainement la raison de son voyage, vu son prénom.
Nous nous sommes quittés ce soir en nous promettant de nous retrouver bientôt. Deux jours plus tard j’écrivis ce poème pour évoquer la soirée.
Opéra
Je ne sais plus très bien ce qui s’est passé ce soir là.
J’étais dans le quartier de l’Opéra.
Je me rappelle de ma Muse qui me parlait de Poésie lyrique, puis je me suis retrouvé dans un autre lieu entouré de trois danseuses indiennes.
Kara, Nara et Mara

Plaisir d’un soir
Regards et sourires
Quelle joie de se revoir
Quelques éclats
Chants des étoiles
Dans les yeux de Nara
Attachée sans voile
Les mystères de Kara
Ressources humaines
Déshabillage intégral
Et la grâce de Mara
Danse subliminale
Samedi suivant, j’emmenais ma fille Alice, visiter l’Opéra Garnier. C’était fermé, veille du 1er Mai. Nous étions un peu déçus, mais nous avons suivi un autre chemin, en jeu de piste. Tout d’abord nous avons cherché le Harry’s bar.
Myriam m’avait indiqué l’autre jour son emplacement. Après l’avoir trouvé et admiré son cadre flamboyant, nous avons suivi le chemin et nous sommes tombés sur le Ritz, place Vendôme. Alice était éblouie par les voitures luxueuses qui étaient garés devant le Palace. Puis, fascinée par les nombreux joailliers de la place, la beauté de certains colliers et autres pendentifs, et les prix mirifiques annoncés. Les plus grandes bijouteries n’annonçaient même plus les prix.
Nous avons longé la rue Sainte Honoré jusqu’au Palais Royal, passant par l'Hôtel Saint James & Albany. C’était drôle pour moi de nous promener ensemble dans ces lieux, du bar américain aux palaces, Souvenirs des endroits fréquentés par les Fitzgerald, Scott et Zelda, lors de leurs premiers séjours à Paris. Traversant le parc du Palais Royal, nous avons débouché sur la rue qui jouxte la basilique Notre Dame des Victoires.
Je me sentis transporté de joie en lisant une affiche qui annonçait la venue des reliques de Sainte Thérèse de Lisieux dans cette église du 1er au 14 mai. Je me sentais très proche de cette Sainte, je ne sais pourquoi elle m’inspirait tellement de joie et de bien-être. Au moment où j’en parlais à Alice, elle partit saluer une camarade d’école, Corine, qu’elle venait d’apercevoir devant l’église.
Alice me confia qu’elle était dans sa classe et qu’elle disait être sa mère. Sa mère ? Elle ne sût m’expliquer pourquoi, mais cela n’avait pas l’air de la troubler. Nous entrions dans l’église. En longeant les différentes chapelles je lui parlais de la vie de Thérèse, mais ma fille n’avait pas trop envie de s’éterniser dedans. Je lui proposais de revenir le lendemain, mais elle n’avait pas trop envie de voir les reliques. C’est vrai que le dimanche, Alice avait ses petites habitudes, en ce moment elle était dans sa période : promenade en bords de Seine et panini bien chaud.
Le lendemain soir, je m’empressais de reconduire ma fille chez sa mère, un léger sentiment de culpabilité, la laissant si tôt, mais bon, mon cœur dans la joie de revoir Sainte Thérèse.
Entrant, dans la basilique, j’entendais la voix amplifiée et monocorde d’un prêtre qui célébrait une messe. Je ressentais un peu de colère. Cette facilité de l’église de s’emparer des saints, s’accaparant leur vie pour déverser leurs pensées, et perpétuer ainsi une certaine emprise sur l’esprit des croyants, au lieu de laisser les gens ressentir la présence, la lumière de ces êtres dans le silence d’une méditation à cœur ouvert.
Thérèse avait écrit : « Je comprends et je sais par expérience que le royaume de Dieu est au-dedans de nous ».
Une inscription au dessus-de la porte d’entrée de l’église de Tréhorenteuc dit : « la porte se trouve en dedans ». Cette porte a toujours eu pour moi la même résonnance que les mots de Thérèse. Pour les visiteurs curieux, il y a effectivement une autre porte à trouver à l’intérieur de l’édifice construit par l’abbé Guillard.
En regardant le programme des messes, je lisais que l’évêque de Paris était présent ce jour-là pour accueillir les reliques de la Sainte, mais surtout pour célébrer par cette messe la béatification de Jean-Paul II.
Je faisais demi-tour pour regagner la sortie, très déçu de ne pouvoir me recueillir en paix dans le silence et la présence indéfinissable de notre sœur guérisseuse. Quel était donc le sens de ma visite si je ne pouvais approcher Thérèse, pourquoi tout ce chemin entre l’Opéra et la basilique ?
A ce moment, un mot du prêtre officiant retint mon attention « Thomas ». La lecture des évangiles évoquait l’épisode où Thomas demandait de toucher de ses mains les blessures du corps de Jésus pour vérifier si c’était bien lui, Jésus-Christ ressuscité.
Et je compris. Pas vraiment sur le moment, trop présent, pas assez de recul, mais quelques jours plus tard, en dialoguant avec une amie. C’était comme si Myriam me proposant de visiter l’Opéra avec ma fille, m’avait aiguillonné vers la basilique et me menait vers Thomas. Juste retour des choses, grandiose synchronicité ou suites de circonstances merveilleuses qui de la soirée où nous avions évoqué Israël, la Galilée, soupir d’une vie ancienne, me ramenait à Thomas.
Dans les semaines qui suivirent, nous échangions quelques mails, très espacés. Je ne comprenais pas pourquoi Myriam tardait tant à me répondre. Ainsi, elle me remerciait pour le poème écrit en souvenir de notre dernière soirée, me félicitant « ô grand poète » des quelques vers que je lui avais adressé.
Je lui répondais sans savoir qu’il me faudrait encore attendre trois semaines pour lire sa réponse. Je lui disais que j’avais été inquiet de son silence, la croyant fâchée.
Entre-temps et à ma grande surprise, Alice m’avait offert deux photos de Sainte Thérèse et un marque page. Son école avait organisé une sortie d’une journée à Lisieux et elle avait pensé à m'offrir ces images. Quelle étrange coïncidence, comme si Alice et Thérèse me confirmait je ne sais quel pressenti. Probablement le chemin vers Thomas.
Le samedi suivant, je me promenais dans le quartier de Saint-Germain des Prés, amusé par l'effervescence et l’excitation des nombreux touristes qui s’agglutinaient au café Flore et aux Deux Magots, recherchant un peu de l’esprit de ce qu'avait été ce haut-lieu du jazz et de la littérature. Je fus pris d’une inspiration. Et si j’écrivais cette histoire d’une rencontre avec Myriam ?
Je ne savais pas trop ce que je pourrais en dire, mais peu à peu le scénario prenait forme dans mes pensées, y intégrant certains poèmes, et le récit s’intégrait merveilleusement avec l’énigme de Thomas.
Arrivé chez moi, j’avais décidé d’écrire cette histoire. Je m’asseyais devant mon ordinateur, me demandant si je devais me mettre à écrire tout de suite ou seulement après dîner. En consultant ma boite mail, je trouvais la réponse de Myriam à mon mail envoyé trois semaines auparavant.
Elle s’étonnait que je puisse l’imaginer fâchée, et m’assurait qu’elle serait très contente que nous nous retrouvions pour de nouvelles aventures. Myriam s'excusait du retard, prétextant qu'elle ne pouvait consulter sa messagerie sur son lieu de travail et que le soir, elle n'avait pas trop envie d'aller sur le net. Elle me demandait également si nous étions allés visiter l'Opéra. Je percevais son mot comme un accord de sa part pour la rédaction de l’histoire de notre rencontre. C’est comme si nous communiquions de manière inconsciente. Néanmoins, je me sentais quelque peu troublé par le temps qu’il lui avait fallu pour me répondre.
Je lui faisais part de ma décision d’écrire un texte sur elle, et je l’invitais à nous revoir pour que je lui communique certaines choses que je n’avais jamais osé lui dire auparavant. Cela la concernait autant dans son rôle de Muse que pour le fameux voyage en Israël.
Je ne m’attendais pas à une réponse de sa part avant au moins trois semaines, comme s’il y avait un déroulé de l’histoire qui nous demandait de faire un travail sur nous ou d’accomplir une quelconque autre tâche préparatoire. En tous cas notre relation était bien mystérieuse.
Vint la fête de pères et Alice m’offrit un poème pour l’occasion, accompagné d'un petit jardin d'intérieur zen. C’est dans le métro qu’elle en avait trouvé l’inspiration, et ce poème s’intitulait « Le Monde ». J’étais vraiment touché par son poème car je voulais intégrer l’histoire de Myriam dans un ensemble qui s’intitulait « Le Monde enchanté ». Encore une fois Alice m’encourageait dans mon cheminement.
Le Monde
Le métro qui trotte un peu
Roule sur le petit trottoir
Le canard qui fait coin-coin
Ressemble à un petit coquin
Alice qui te dit je t'aime
Ressemble à une petite fée
Et Papa qui est dans le jardin
Jardine comme un dieu
Myriam ne me donnait pas de ses nouvelles, et les semaines passaient.
Une après-midi, j’eus encore une nouvelle vision. Remontant le temps, je la voyais dans les bras de Thomas. Moment d’intimité, de grâce, d’union pour ces deux cœurs pris de passion l’un pour l’autre. Le bonheur de ces instants, la complicité de leurs corps, des tendres caresses aux murmures des lèvres, le regard emporté par le plaisir, les sens.
Les jours heureux…
Puis je les voyais à d’autres moments, le cœur lourd, plongés dans la tristesse des adieux. Ils avaient été bien souvent séparés dans leurs vies par un destin curieux qui ne semblait pas toujours vouloir les réunir comme ils l’auraient souhaité…
Un peu comme nous dans cette vie, d’ailleurs. Vint le jour aussi, dans ma vision, où il lui fut annoncé la mort de Thomas, son cri, son déchirement, ses larmes. Le chagrin, le deuil.
Finalement, après quatre semaines d'attente, je reçu un mot. "Je suis encore une fois désolée de te répondre aussi tard... J'aimerai bien lire ce que tu écris sur ton fameux blog mais il faudrait que tu m'envoies le lien... J'espère que tu as réussi à aller visiter l'Opéra avec ta fille, et que tu as aimé le plafond de Chagall, tu me raconteras. J'espère te revoir bientôt mais en attendant j'espère avoir accès à ton blog. Bises."
Je restais un peu dubitatif... Circonspect. Je ne sais quel serait le terme exact... Pourquoi cette distance ? Alors que les choses auraient pu être tellement plus simples. Encore un mystère !
Je lui proposais de nous
revoir. Le temps était peut-être venu de lui dévoiler certaines facettes de ma vie que j'avais gardées pour moi. Et cela, bien avant que je lui montre ce que j'écrivais…. Elle me prendrait pour
un allumé ! Je n'avais plus le choix que de lui dire maintenant ce que je n'avais jamais osé lui dire. Dans mon mail, je lui laissais quand même le choix au final, la discussion ou le texte, au
cas où cette étrange situation l'effraierait quelque peu.
Quelques jours plus tard, alors que je me promenais dans cet endroit magique qui m’inspirait tant, je commençais à ressentir le besoin de me concentrer pour recevoir une vision. Peu à peu les formes de Myriam se dessinaient dans mon esprit. Sa silhouette d’abord, puis progressivement son visage se formait, visage qui exprimait une grande souffrance. Cette souffrance provenait d’un homme de type métissé qui semblait la retenir, la maintenant dépendante de lui, prisonnière d’un rituel africain ou caribéen.
Je demandais à son âme de m’autoriser à la libérer autant que je pourrais, lui donnant un peu de marge de manœuvre ou de lest, qu’elle puisse se mouvoir, se défendre, car il ne m’était pas possible d’intervenir sans son autorisation. Nous devons toujours respecter le libre arbitre des individus.
Après cette tentative de guérison, je m’attendais à recevoir de ses nouvelles, ou du moins un signe qui m’annoncerait le bienfait de mon intervention. Il ne se passait rien, et je me retenais vivement de recommencer l’opération.
Ce n’est qu’une quinzaine de jours après la vision que les évènements prirent une tournure étrange et originale. J’avais soigné une femme qui déprimait depuis trois mois, depuis qu’elle s’était sentie rejetée par une amie. Elle m’appela un jour pour me dire que cela allait beaucoup mieux maintenant, et qu’elle souhaitait que je m’occupe de son mari qui avait des difficultés d’un autre ordre.
Nous discutions ainsi agréablement depuis un moment et je ne sais pour qu’elle raison, je lui parlais de ma relation avec Myriam. Elle me coupa net, me demandant si Myriam était blonde et très mince ? Je le lui confirmais, un peu surpris. Je savais bien que cette dame était médium, et que même si elle ne travaillait plus dans ce domaine, elle recevait toujours des messages pour les personnes de son entourage…
Elle me dit que cette femme qu’elle avait vue se trouvait sous l’emprise d’une personne qui avait un drôle de visage. Un visage double, une figure normale et l’autre affreuse, très laide. Elle lui avait fait quelque chose, elle la dominait, comme par une sorte de magnétisme… Elle n’arrivait pas à se libérer de cette personne.
J’étais étonné car ce qu’elle venait de me dire correspondait à ce que j’avis vu moi-même. Je la remerciais, puis nous poursuivîmes la conversation sur son mari.
Les mots de cette femme m’interpellaient car cela voulait dire que je n’étais pas parvenu à la libérer. Je me retrouvais ainsi encore au 21ème siècle propulsé dans une histoire de princesse à délivrer et de méchant dragon qui la retenait prisonnière.
Comme tout chevalier qui se respecte, je me demandais si je serais à la hauteur. Quelles enceintes, quelles murailles fallait-il encore traverser, franchir, pour la trouver. Comment combat-on un affreux dragon ?
Je m’installais devant mes cristaux, j’allumais un encens indien que j’aimais beaucoup à la flamme d’une bougie rouge, et je rassemblais mes esprits, invoquant mes guides du monde invisible.
Et c’est là que l’âme de Myriam m’apparut. Elle était d’une grande beauté, les cheveux longs, blonds, épais, vêtue d’une grande robe bleutée. Son physique était un peu différent du sien, mais on reconnaissait certains de ses traits, son regard, son sourire. Elle me montra ce que je devais faire pour lui venir en aide. En fait, elle me disait de ne pas agir sur lui, uniquement sur elle, en renforçant son corps énergétique, la reliant bien à la Terre, afin qu’elle retrouve toute sa force et puisse elle-même se défendre.
Je suivais ses directives, j’agissais sur son corps de lumière, ses chakras, la colonne vertébrale. Peu à peu, je la voyais changer de couleur et se renforcer, faisant le plein d’énergie.
C’est la première fois que je voyais ainsi l’âme d’une personne au cours d’un soin. J’étais très heureux, content que se soit Myriam qui me permette d’accéder à cette belle expérience.
Je me disais seulement que cela me semblait trop facile qu’il n’y ait qu’un travail au niveau du corps énergétique. Quand une personne est prisonnière ainsi d’un « dragon », il me semble qu’il doit y avoir un échange avec la personne, afin que celle-ci puisse agir en conscience, et se libérer.
Dans une guérison il y a toujours un côté initiatique et cela ne peut être que si la personne est consciente de ce qui se joue en elle, dans son histoire présente ou passé.
(à suivre)
© 23 Mai 2011