Gab
Bonnie and Clyde
Du versant de la montagne,
Se dessine l’entrée sombre de la grotte.
Bonnie m’y entraine dans un léger bruissement,
Frôlements, caresses empreintes de douceurs,
Rêve éveillé, effraction du gang Barrow !
L’obscurité se dissipe devant nous,
Laissant entrevoir la moiteur de la matrice charnelle.
« Je suis Clyde, j’ai une petite amie,
Elle est belle, son prénom c’est Bonnie.
Nous formons le gang Barrow ! »
Le gardien des lieux, le cerbère campe,
Mais nous laisse suivre notre chemin.
« Ah, ces vigiles et gardiens de banque,
Nous en avons bien maté plus d’un.
Je suis Bonnie Parker, l’amie de Clyde Barrow ! »
Dans la chaleur moite de son corps,
Je me glisse doucement, et je suis surpris
Par une sensation de douceur qui m’envahit.
La déesse de la montagne au gardien :
« Tu les laisseras entrer, ce sont des caractères forts,
Ils portent sur eux les stigmates de leurs peurs.
Survivre dans un monde qui n’est pas le leur
Est bien difficile pour ceux qui ont connu ces malheurs,
Qui d’une Mère maltraitante
Qui d’une Mère inexistante.
De cette gestation malveillante,
Naissent ces blessures et rancœurs. »
Le chant des aliénés de la souffrance,
Mâtiné de cris et d'absences,
L’affrontement des personnalités égotiques,
Forces magistrales
D'un torrent qui dévale,
en combat épique,
D’un devoir qu’ils écrivent de leurs larmes, de leurs effusions.
Nés pour se battre, nés pour s’aimer.
Tant d'émotions...
Bonnie s’accapare Clyde
Désir de posséder, peur d’être trompée,
« Ah le Pouvoir au bout du révolver, plutôt que dans ta queue ! »
Clyde ne supporte cette emprise maquerelle
Cette loi qui ne s’applique qu’à lui, pas à elle,
« Petite putasse, pour qui l’autre n’est qu’une menace ! »
Une étendue d’eau sur un creux
Clyde s’approche
Douce vision d’une déesse
Visage diaphane
Corps éthéré
Lumière d’un autre monde
Onde légère
Elle s’approche, présente au petit peuple,
Et lui transmet cette guérison tant attendue
Tant de douceur dans un si petit cœur
La déesse de la montagne connait tous ses pleurs.
Elle l'enchante.
S’approchant du cœur de la grotte,
Mon cœur s’emballe, atteignant l’instant de bonheur.
Un peu de réconfort pour Clyde
Bonnie lui prends sa main
Elle râle… elle le griffe
Dans la tempête qui les attend le soir
Sur le bord d’une route
L’issue d’une vie qui de fatale
Se termine en rodéo.
Violence, tendresse, colère
Et amour pour ces héros
Que nous sommes.
"Nés pour se battre, nés pour s'aimer."
© 20 Mai 2010