Glory of love


 

 

 

 

Nous étions jeunes et fauchés,
nous rêvions de l'Amérique et de ses bars.
Sur la platine, Lou reed, une seringue sur la table.
Je jouais de la guitare dans la rue et cette fille m'avait fait rougir,
Catherine travaillait dans un magasin de jouet. Nous, nous volions dans les magasins.
Sans ailes.
Nos yeux au regard très dur,
nous ne savions pas encore que nous étions des anges.
Christian me faisait goûter les nems, exotique un max, à l'époque.
Il se fit arrêter un jour en ouvrant une voiture, et se retrouva en désinto à la Robertsau.
Glory of love,
à chaque coin de rue, un ange nous guidait.
Il y avait toujours un paquet de cigarettes, ou des antibiotiques.
Il y avait toujours quelqu'un qui avait une idée pour se faire un peu d'argent.
Nous n'avions jamais faim, toujours le sourire, et de la musique et des soirées arrosées.
Il y avait cette fille,
qui sortait avec un bassiste,
et qui avait fait un séjour dans la communauté de Gong.
Paraît qu'ils passaient la journée devant la télé. Et Freddy, malade à l'hôpital,
qui sort avec l'infirmière, et qui se fait virer de chez elle, parce qu'un soir il a fait la bringue.
Nous avons goûté au speed,
les amphés, puis aux plateaux du restau U.
Notre voisin du dessus, rapatrié sanitaire de Katmandou,
avait sauté un jour par la fenêtre du troisième étage, complètement défoncé.
Puis je me suis mis à vendre des gravures volées, au porte à porte, et je m'en suis sorti.






Hi hi!






Glory of love



 

 

 

 

 

Pas plus tard que demain, nous remonterons le Yukon et nous nous enfoncerons dans les terres gelées du Klondike.  La neige devait recouvrir encore les hauts-plateaux, et il serait difficile de trouver du bois sec jusqu'à ce que l'on atteigne Dawson City.

Sur le feu un peu de lard mijotait à côté des haricots blancs dans une grande poêle toute cabossée. Je me versais un peu de café en attendant qu'Arthur revienne du camp.
Cela faisait quatre heures environ qu'il était descendu en contrebas pour acheter un peu de tabac, du lard et un sac de farine. Il n'y aurait plus de ferme ou de magasin pour se ravitailler avant Dawson City.

Les odeurs de pins qui se dégageaient du brasier semblaient provenir d'un autre monde, d'une autre époque, tellement le froid disloquait tout parfum. L'arôme du café se détachait aisément  laissant deviner des nuances innombrables dans sa texture.

Cette odeur de café m'évoquait curieusement le regard d'Ilsa, le jour de son départ. Le jour de ses adieux. Mes yeux scrutaient le fond de la tasse, espérant retrouver une image, un souvenir qui me ramènerait au dernier baiser.

 

 

 

 

 












Glory of love







Courir dans le désert et chanter ainsi "tout va me revenir"

Ils furent nombreux ceux qui tentèrent de soulever le voile

Parti en robes de procession ils ne se lavèrent jamais plus

Mystique rêve absolu de fumée perdue le matin au carrefour des illusions

Les cloches brillent et me disent que le choix de l'arc-en-ciel est juste.

Gab


Patti Smith And Philip Glass Allen Ginsberg








Lauren











Les chariots en cercle semblent émerger de la poussière et de la fumée d’incendies non éteints. Il y a eu de rudes combats, et j’ai peur que les pionniers aient eu à souffrir de nombreuses pertes en vies et en matériels, entrainant toutes sortes de drames humains.

 

Un faucon survole la vallée. Son sifflement impose un silence empreint de solennelité en ces lieux dévastés, soulignant la gravité qui se dégage de tous ces champs de bataille, une fois que l’explosion de furie et d’ivresse dévastatrice se soit achevée.

 

Je n’ose imaginer Laurence abritée derrière une malle ou une roue de chariot, prise dans cette tourmente, la peur dans les yeux, ses mains crispés sur une arme.

Je presse ma monture d’avancer plus vite. Je n’ose l’imaginer blessée et encore moins, gisante au sol. Mon cœur se serre, je pousse au galop.

 

Des formes se dessinent derrière la fumée. Formes humaines en mouvement qui se dirigent dans toutes les directions, cherchant qui un parent, qui une épouse. Telle mère ramenant ses enfants vers elle désespérément, tel enfant cherchant son père parti se battre. Et c’est là qu’elle m’apparut, dans sa fragile silhouette, ses cheveux attachés.

 













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