I will see you in the next life









Le dortoir était encore vide à cette heure là, et je décidais de m'allonger sur le lit que j'avais choisi un peu à l'écart des autres. Je revois comme dans un film défiler ces quatre dernier jours. L'appel de la terre, Catherine, José, Claude...
Je décide de l'appeler.

Je lui dis que je dois interrompre le chemin. Mes projets? Je vais prendre un car vers la prochaine étape Estella, l'étoile, puis je prendrais peut-être un train pour Santiago.
Claude me propose que nous nous retrouvions demain à Estella, car il y passe avec son épouse et sa fille.

-Je pourrais te ramener de Santiago à Hendaye dans trois jours si l'on se retrouve là-bas, à Saint-Jacques!
-Oui, on verra bien. Nous convenons de nous appeler demain vers midi à leur arrivée.

C'est vrai que je ne savais plus du tout quoi faire. Si je n'avais pas fait la connaissance de Claude à Saint-Jean-Pied-de-Port, je crois que je serais retourné sur Hendaye ou Paris.

Plus tard, je retrouve José et le couple d'enseignants. Ils sont vraiment désolés. José est vraiment peiné. A Pampelune, il avait passé la nuit chez des membres de sa famille, et cela l'avait un peu déconnecté du chemin. Il s'interrogeait sur le sens de cette marche. Mon départ est un coup dur pour lui en terme de motivation.

 

 

 



 

 


Avant de dîner nous nous sommes retrouvés pour la messe de 19h. Je ne sais pas de qui venait l'idée, mais c'est la première fois que nous allions dans une église assister à une messe. Bon, nous sommes pèlerins après tout!

Ne comprenant pas très bien ce que le prêtre espagnol disait, mon esprit vagabondait allègrement, les yeux fixés dans les lambris dorés qui entouraient des représentations peintes sur bois de passages bibliques ou bien illustrant les actes de Saints catholiques.
Je pensais à Catherine que je ne verrai sans doute plus jamais. Dans ma somnolence, j'entendis comme une voix qui semblait être la mienne, et qui me conseillait de lui laisser un message dans le registre des signatures et des dédicaces qui se trouvent à l'accueil de chaque refuge. Elle le verrait surement en arrivant à Puente la Reina!

Après dîner, les salutations et la séparation sont vite interrompues par de gigantesques trombes d'eau. Nous nous séparons en courant nous mettre à l'abri dans nos différents dortoirs. José dort à l'hôtel car en ce mois de juillet les dortoirs sont pleins.

 

 

 



 

 

J'abandonne dans un coin la branche de noisetier qui m'avait accompagné en ces jours de marche. Cela m'attriste de me séparer de ce compagnon de route, mais je ne peux pas l'emmener dans le car. Je me couche.
Des enseignants espagnols plaisantent et se moquent gentiment de l'une des filles de leur groupe. C'est vrai que c'est la plus jolie du dortoir. Elle retire son pantalon, elle est vraiment ravissante. Sur cette douce image je ferme les yeux.

 

 

 



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