Gab
Les mots
bleus
Pampelune nous faisait la fête en ce
jour du 25 juillet. C’était la fête de Santiago de Compostela et la fête nationale espagnole en même temps. La paroisse de San Saturnino nous invita dans un restaurant Gallego du quartier
déguster des spécialités de la Galicie.
Nous étions fatigués après une marche de 15 km, et nous mangions le poulpe et les empanadas en silence. Nos hôtes tentèrent
l'impossible pour y mettre de la joie, des cris et de la bonne humeur. Catherine ne voulait pas goûter le vin blanc galicien appelé Ribeiro. Avec José, nous finîmes les bouteilles en bon pèlerin
reconnaissant de l’hospitalité offerte.
Dans ce vacarme de fête, j’étais loin de mon désir de me perdre dans la nature en quête de je ne sais quel phénomène mystique à la
Paolo Coelho qui changerait définitivement le cours de ma vie.
Catherine me dit qu’elle avait pris une chambre d’hôtel avec Sarah et Jane, une anglaise toute rousse. L’ami de Jane arrivait le
surlendemain à Pampelune pour les accompagner jusqu’à Léon. Catherine et Sarah restaient avec elle pour faire du shopping et surtout ne pas la laisser seule. Je pris une chambre dans leur hôtel
car le refuge ne m’inspirait pas.
Le soir, nous dinions avec d’autres étudiants espagnols rencontrés au restaurant. Je reprenais la route le lendemain, nous nous
promîmes de nous écrire comme l'on promet toujours dans ces cas là. Je me rappelle du regard grave de Catherine au moment de rejoindre nos chambres. Un sourire, un regard, puis rien.
Le chemin me
reprenait ce qu'il m'avait donné et me renvoyait à nouveau dans la tristesse de l'inconnu. Je partirai donc au matin vers une nouvelle étape de ma vie. Le coeur lourd, l'esprit désorienté, et la
douleur aux pieds.