Roads



 

 

 

 

 

 

Les chemins se croisent mais ne fusionnent pas comme l’on voudrait. Chacun de nos pas nous conduisent vers la beauté de la magie vivante.
Et dans l’agonie de ce monde qui n’en finit pas de mourir nous portons notre fardeau.

Au matin du deuxième jour sur les chemins de Navarre, je repensais à la magie de la Vierge au rocher. Un alchimiste rencontré avant mon départ m’avait dit que l’on peut demander au chemin tout ce dont nous avons besoin.

Je demandais au chemin un bon bâton pour m’aider à grimper les collines qui me séparaient de la prochaine halte et me protégerait des chiens bergers. J’avais demandé à mes cartes, le sens du phénomène ressenti la veille et la réponse fut la tortue. La Mère Terre m’adressait un appel.

C’est au détour d’un croisement que je trouvais sur le sol, en travers du sentier emprunté par tous les marcheurs en quête de sens, ce bâton en noisetier qui m’accompagnerait sur le chemin et m’enseignerait plus tard  la beauté du plan divin.

La fatigue et le mal aux genoux, ne me faisait pas oublier la soif. Je croisais  par moment deux jeunes femmes qui voyageaient ensembles. Elles cherchaient des yeux à entrer en relation avec moi depuis hier. Je les avais évités poliment. Elles me semblaient un peu snob, des anglaises ou des américaines.

Elles m’offrirent de l’eau en arrivant sur l’un des derniers cols. Reconnaissant, je m’assis un moment  près d’elles. Catherine avait 18 ans, elle venait de New-York, son père était français. Sarah, âgée de 17 ans, habitait une ville voisine du New-Jersey.

Le charme opéra. Aujourd’hui encore j’ai la nostalgie de Catherine.  Ses coiffures sophistiquées, son nez aquilin, son regard vif couleur noisette. Sa peau était très blanche. Elle hésitait dans la poursuite de ses études, et elle espérait que ce voyage l’aiderait à choisir entre la littérature ou la psychologie.

 

 

 

 

 




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