Poèmes & impros

 

 

 

 

 

 

Paradiso perduto

 


 

 

 

 

 

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Enfance maltraitée, forteresse abimée, cœur écorché

Sa conscience en porte encore les blessures

Et l’isole à l’intérieur des remparts d’une enfance volée

 

 

Schémas de maltraitance, murs écroulés, lésés

Larmes d’enfants qui emplissent les douves

Retranchée dans un lointain donjon inaccessible

 

Belle, égale à ma bien aimée

Disparue dans le feu des aliénés

Son esprit morcelée

Encore aujourd’hui, loin du passé

Elle m’apparait

Inaccessible

Lésée

Blessée

Aimée

Morcelée

Aliénée

 

 

 

 

 

Enfant maltraitée, elle a grandi sans distinguer

Avec clarté, le bien du mal

Etrangement emmêlés

Aimant et distillant les mots empoisonnés

Ceux qui détruisent, qui font mal

Ceux auxquels sa mère l’a accoutumé

Mère indigne, lui enseignant les morsures

A l’âge des câlins, du bon lait et des confitures

 

 

Maintenant, par mimétisme filial

Elle maltraite et on la rejette

Et ne comprend pas

N’est-ce pas normal d’aimer et de faire mal

Pourquoi ne comprend-il pas

Cela la blesse, et comme enfant, elle se replie

Dans sa forteresse lésée aux murs écroulés

 

 

Pire encore, et loin d’en avoir conscience

Elle se maltraite elle-même

Se punissant, en toute innocence

Car si elle s’aime

Elle doit se le prouver à contresens

Par le mal et la défiance

 

 

 

Aujourd’hui, elle vogue telle une frêle esquive

Navire abimé aux voiles déchirées

Désillusions, compréhensions tardives

Orgueil fané, désemparée

Dérivant de-ci de-là au gré des courants

Qui l’emportent d’une rive à l’autre

Dos arrondi, marri, au gré du vent

Préférant la compagnie des noirs apôtres

Sillonnant l’océan de tristesse

En quête d’un port silencieux

N’entendant ni murmures ni chants de sagesse

Terre promise des curieux

Interdite aux guerriers de l’éternel

 

 

 

 

 

Longtemps, de tout temps, j’ai navigué, partant d’Iolcos

En compagnie de glorieux héros, Jason, Thésée

Jusqu’en Colchide, pays de Médée, sur le rapide Argos

Et l’on connait si bien les exploits d’Hercule, d’Orphée

Embarqués dans le vaisseau des argonautes

En quête de toison d'or et autres glorieux trophées

Pour ma part, j’attendais l’aventure que le destin m’eut désigné

Je craignais, le temps passant, qu’aucun poète

Ni Homère, ni Ovide ne conte mes gloires, mes prouesses

Je rêvais d’accomplir des faits et gestes

Qui parviendraient de nuit aux songes d’une déesse

Prête à tout abandonner de la vie céleste

Pour s’émerveiller de la simplicité d’aimer

Hélas, long de temps j’ai passé, me désillusionnant

De ne jamais la rencontrer, dans le fantasque océan

De ma conscience perdue de poète incarné

Guerrier sans trophée, de morne destinée

Cela jusqu’au jour où l’on me parla de son navire abimé

Perdu aux quatre vents d’un océan funeste

Une déesse égarée dans l’inconsolable amnésie

Toute voile éclatée, cordages arrachés par les vents d’Ouest

Rimant la mer, la terre, et les vers en étrange poésie

 

 

Je me pris de ce jour avec hardiesse et flamme de la retrouver

Réparer ses voilages, remiser le bastingage et lier ses cordages

Serait le plus facile, car la peur qui me tenait davantage

D’affronter son vrai visage, au regard possédé du néant

Fruit de sa folle vie, et qui ne distinguerait, indifféremment du héros ou du malfrat

L’homme qui se poserait devant elle, sur le pont du navigant

Blêmissant face à celle que par amour, la déliant, je libérerai, la sublimant

Des jalousies des dieux de l’Olympe et des mauvais traitements des Titans

 

 

 

 

 

    

Je connais les chants de l’infini

Aux dieux mes vers fredonnés

De tous chemins bénis

Qui délivre tout ensorcelé

Et tient les cœurs en pamoison

Prêts au pardon

Des enfants

De tant de trahisons

 

 

Je sais parler au vent

J’enchante les horizons

 

 

 

Je crois en toi


 

 

 

 

 

 

C'est ainsi que je m'éloignais de ces côtes escarpées

Acceptant de me perdre dans l'immensité

-Brassage de toute humanité-

Entre espérances d'un amour comblé

Fleuve d'éternité

Et craintes du rejet

Vagues à l'âme, tempêtes

Désir d'être né et peur d'oublier

Qui suis-je... Avec qui es-tu, déesse infidèle

Farandoles des temps mauvais de sombres crépuscules

Histoires qui s’achèvent, récits qui se bousculent

Du silence du conteur aux mensonges des bonimenteurs

Qui veut encore entendre la légende des siècles

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  © janvier 2011


 

 

 

Les enfants qui ont reçu d’un père ou d’une mère de l’amour et de la maltraitance se sont construit avec ces deux aspects, et ils ne peuvent bien souvent les intégrer  qu'en développant à leur tour cette forme de maltraitance.

La plupart des gens qui violent et maltraitent, l’ont été eux-mêmes étant enfant.

Ma bien-aimée me disait « Si tu m’aimes, tu dois accepter que je te maltraite ».

 

C’est rare qu’ils disent cela aussi clairement. En général, quand ils se sentent percés à jour, ils n’aiment pas trop se sentir découvert et se réfugient dans la forteresse du silence. Ils nient d’abord, puis s’éloignent pour se cacher.

Etant enfant, ils se réfugiaient dans cette forteresse quand c’était trop dur pour eux.

Les enfants violés ou maltraités se sentent coupables, pas seulement victimes. Ils ont honte, ils se cachent.

 

Ce qui est difficile aussi dans leurs vies, c’est qu’ils retournent cette maltraitance contre eux, dans le sport, la danse, en épuisant leurs corps, mais aussi sur d’autres plans.

Ils deviennent rigides, durs dans leur relations aux autres. Ils ne supportent pas d’être pris à défaut, modifiant le passé pour l’arranger de façon à ne pas avouer leurs erreurs ou leurs maltraitances. C’est comme s’ils avaient peur de mal répondre et qu’ils s’obligeaient à présenter un visage sans faute.

 

Ils ont du mal à comprendre qu’on puisse les aimer mais refuser d’être maltraité. Pourtant s’ils s’ouvraient à l’introspection, et à l’amour, ils pourraient mieux vivre avec leur enfance.

 

 



 

 

 



 


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